
Kinect, un périphérique magique
Si vous lisez régulièrement le blog officiel Xbox, vous constaterez que j’ai souvent utilisé l’expression de « périphérique magique » dans les vidéos et articles réalisés depuis Los Angeles ou Cologne. Une appellation galvaudée ? Pas vraiment !
La promesse remonte à l’E3 2009, avec les premières révélations autour de Project Natal. Steven Spielberg, l’un des plus grands créateurs du septième art, parle alors d’un « tout nouveau monde » ou encore d’une « nouvelle façon d’écrire des jeux ». Peter Molyneux, le génial game designer anglais créateur de Populous, Fable ou Black & White, présente même Project Natal comme « encore plus révolutionnaire que la souris en son temps ». Les mots sont forts. Il faut dire que Project Natal, dont on n’entraperçoit alors que les contours, est porteur d’une promesse inouïe. Celle de briser le traditionnel rapport homme-machine en instaurant une nouvelle façon de manipuler des interfaces, de contrôler des jeux, de penser des univers. En clair, ce que l’on appelait alors encore Project Natal portait en lui un espoir fou, celui de libérer le joueur, pour la toute première fois, du joug de la manette ou de la télécommande.

(Crédit Photo : Associated Press / Damian Dovarganes)
Le temps des promesses est révolu. La cuvée 2010 de l’Electronic Entertainment Expo nous a permis de lever le voile sur Kinect, le nom commercial de Project Natal. Kinect, une appellation qui coule de source, mixant l’aspect « cinétique » pour le mouvement et l’aspect « connecté » de par son essence « sociale » : tout le monde peut enfin jouer aux jeux vidéo, sans contrainte.
Une technologie du futur, maintenant chez nous
Selon Robbie Bach, la technologie derrière Kinect est le fruit de près de vingt ans d’efforts de recherche et développement. 19 ans plus exactement, ce qui nous ramène à 1991 et aux premières fondations de Microsoft Research, une division de Microsoft reconnue mondialement pour la qualité de ses travaux de recherche fondamentale. Autant dire que Kinect est une innovation majeure, qui marque une rupture avec son époque. Dans les faits, Kinect prend la forme d’une barre horizontale disposant d’un pied motorisé et intégrant un florilège de technologies de pointe, notamment une caméra RGB, deux détecteurs de profondeur 3D (combinant un projecteur infrarouge et un détecteur de pixels actifs pour permettre à Kinect de fonctionner quel que soit le niveau de luminosité ambiante) ou encore un microphone dynamique permettant de supprimer le bruit résiduel et de reconnaitre la personne qui a parlé.
Le matériel n’est rien sans la magie du logiciel : un programme unique orchestre l’activité de l’ensemble et permet une modélisation en temps réel du corps du joueur en 3D, la reconnaissance faciale ou encore la reconnaissance vocale. Kinect est donc capable d’identifier qui vous êtes et ce que vous faites en reconstituant un squelette parfait de votre corps. Des dizaines de points d’articulations sont pris en compte et, en poussant la technologie dans ses derniers retranchements, les mouvements de chacun de vos doigts pourraient être reproduits. Le pied motorisé permet d’adapter la technologie de reconnaissance à la configuration de votre pièce, sans que la moindre action de votre part ne soit nécessaire. Mieux, Kinect sait aussi reconnaitre votre voix et saura focaliser son attention sur la personne qui parle lors d’une conversation vidéo ou encore effectuer des actions en se basant sur vos seuls ordres vocaux (disponibilité de la reconnaissance vocale en Europe : printemps 2011).

(Crédit Photo : Nick Josevski)
Vers une révolution des divertissements numériques
En branchant Kinect à votre Xbox 360, vous allez pouvoir diriger cette dernière de façon intuitive. Se connecter à son gamertag ? Un « salut » de la main devant la console et celle-ci procède à une identification faciale, puis va se connecter sur VOTRE compte. De simples gestes de la main vous permettent alors de naviguer dans votre Dashboard, de sélectionner l’activité de votre choix et de la contrôler. En faisant glisser latéralement votre bras, vous pourrez par exemple très facilement avancer ou reculer dans la lecture de votre film. En disant « Xbox, pause » ou « Xbox, lecture », vous pourrez interrompre ou reprendre sa lecture (disponibilité de la reconnaissance vocale en Europe : printemps 2011). Tout est vraiment simple, intuitif, naturel. Votre Xbox 360 en devient presque humaine. Et si, au cours d’un chat vidéo, vous vous déplacez dans votre pièce, la caméra de Kinect gardera le focus sur vous, suivant tous vos mouvements. La liberté a un nom, il s’agit de Kinect.

Une dimension nouvelle pour les jeux vidéo
Les possibilités de Kinect semblent infinies lorsqu’on les rapporte au jeu vidéo. Au lieu de simplement diriger son personnage, il est possible de l’incarner. Au lieu d’être spectateur d’un univers, il est permis de plonger dedans. Une sensation jamais éprouvée auparavant.

De multiples scénarios sont possibles, parmi lesquels :
- Celui d’un jeu qui ne se contrôle qu’avec les mouvements de votre corps, où chaque geste exécuté est reproduit parfaitement dans l’univers virtuel dans lequel vous évoluez, et où votre position dans l’espace tout comme la rapidité de vos mouvements sont pris en compte. En clair, l’expérience Kinect ultime, à laquelle peut s’ajouter la gestion de la voix - pour interagir avec d’autres personnages par exemple -.
- Celui d’un jeu qui combine habilement l’utilisation de la manette traditionnelle et de Kinect. Kinect pourrait alors être utilisé pour enrichir considérablement l’expérience de jeu et son réalisme ou son fun. Il est par exemple permis de rêver d’un jeu de guerre dans lequel, en tant que commandant d’escouade, vous avez une dizaine d’hommes de main sous votre direction. Tout en vous laissant pad en mains dans le feu de l’action, c’est-à-dire sous le feu nourri de vos adversaires en vue à la première personne, des ordres vocaux ou quelques gestes astucieux bien connus des militaires pourraient vous permettre de diriger vos acolytes… sans pour autant passer par une mise en pause du jeu ou par des actions secondaires à la manette, rarement intuitives. Un vrai bond en avant du côté de l’immersion !
- Celui d’un jeu qui propose à la fois des phases de jeu à la manette et des phases de jeu avec Kinect, pour diversifier les expériences et « doubler » le plaisir. C’est par exemple le cas du prochain Harry Potter d’Electronic Arts, qui présente, en sus d’un mode aventure se jouant à la manette, un mode Kinect exclusif permettant de s’emparer de la baguette magique de Harry !
Retrouvez dès demain sur le blog officiel Xbox un article exceptionnel qui regroupe nos impressions et informations sur les premiers jeux Kinect.
Antoine Emond