Après 2 titres réussis The Chronicles Of Riddick (Assault On Dark Athena) et The Darkness, le studio Starbreeze s’est spécialisé dans les FPS aux univers originaux. Leur dernier bébé, Syndicate ne fait pas défaut à la règle et reste dans cette lignée en vous plongeant dans un univers futuriste (on est quand même en 2069 !) et qui vous rappellera sans aucun doute, dans son aspect visuel, un certain Deus Ex..

Avant de me lancer dans l’aventure, je lis à nouveau la couverture pour savoir ce qui m’attend… « Un univers de science-fiction futuriste et intense », « un mode coopération à quatre joueurs » , « une jouabilité améliorée grâce à un implant neural ». Alors Syndicate est-il le FPS original et dynamique qu’on pourrait espérer ? Réponse ici.
Dès les premières minutes du jeu, Syndicate pose le décor et nous propulse dans un monde futuriste auquel j’ai particulièrement adhéré. Visuellement réussi, les environnements sont bien modélisés et les textures soignées.
Je découvre également le contexte du jeu – alors en quelques mots ça donne quoi ?
Le monde est divisé en régions contrôlées par des conglomérats connus sous le nom de « Syndicats ».
Ces « Syndicats » ont révolutionné les rapports des consommateurs avec le monde numérique. Le consommateur n'a plus besoin d'appareil pour accéder à celui-ci et en contrôler la technologie. Il peut le faire d'un simple clignement d'œil grâce à une puce rétinienne. Les Civils viennent en masse se faire poser cet implant et jouissent de tout ce que leur « Syndicat » a à leur offrir : un logement, des soins médicaux, un système bancaire,une assurance, l'accès à l'éducation et aux loisirs ainsi qu'un emploi. Bref, la totale. Un projet complet de vie. En échange, les« Syndicats » exercent une mainmise totale sur les individus et leurs comportements. Ils ne reculeront devant rien pour exercer leur domination.
En première ligne de cette guerre se trouvent les Agents, les soldats biomécaniques et truffés d'implants des « Syndicats ». Ils peuvent pirater le monde numérique, y compris leurs ennemis, leurs armes et l'environnement qui les entoure. Ils représentent ainsi les armes les plus efficaces et les plus destructrices du monde. On incarne Miles Kilo, le dernier agent prototype d’EuroCorp et on va devoir se battre pour protéger ses intérêts (en gros éliminer les concurrents, empêcher le vol des données de l'Eurocorp, etc..).
Ce programme qui a le mérite d’être intéressant va pourtant vite s’essouffler puisque mise à part l’introduction, la trame narrative n’est pas du tout mise en valeur. Peu d’explications sur les personnages ou les missions et peu d’infos sur l’univers sur lequel il y aurait surement eu beaucoup à dire. Tant pis pour le scénario et la mise en scène, on passe à l’action qui reste quand même le cœur d’un FPS non ?
Malheureusement là aussi c’est décevant puisque derrière une couverture convaincante de par son originalité le jeu se révèle en réalité très classique et sans réelle valeur ajoutée.
En effet, vous découvrirez assez rapidement les pouvoirs offerts par la puce de votre personnage. Vous pourrez alors ralentir le temps, regarder à travers les murs et surtout pirater les ennemis pour les faire se suicider, vous aider…
Ces pouvoirs apportent du fun et une certaine originalité mais cela deviendra vite lassant. Aussi lassant que tout le reste de l’action qui va finalement consister à avancer « en ligne droite » dans un niveau avec des salles pleines d’ennemis.
Les guns fights sont toutefois musclés et on apprécie l’intensité de certaines scènes particulièrement corsées.
Autre point noir : la durée de vie, puisque la campagne solo ne dure qu’environ 5 heures. Et dans la mesure où le jeu ne laisse aucune place à l’exploration puisque vous avancez sur un itinéraire unique, vous ne pourrez pas « gratter » du temps supplémentaire pour savourer le titre.
On soulignera toutefois la présence d’un mode coopération (uniquement jouable en ligne) qui mise tout sur l’action pure en vous confrontant à des hordes d’ennemis où il faudra impérativement restez en groupe pour survivre. La recette fonctionne même si on sentira là encore une certaine redondance.
Des beaux graphismes, un univers futurise, un scénario prometteur, des pouvoirs spéciaux… Ce Syndicate aurait pu être un grand jeu.
Loin d’être mauvais, c’est un FPS classique mais de qualité sur lequel j’ai passé de bons moments mais qui ne restera pas gravé dans ma mémoire. Dommage.
Anthony Virapin